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Du Service d'Anesthésiologie, Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, Lausanne, Suisse.
Adresser la correspondance à: Dr Jean-Patrice Gardaz, Service d'Anesthésiologie, CHUV, rue du Bugnon 46, CH 1011 Lausanne, Suisse. Téléphone: ++41 21 314 2012; Télécopieur: ++41 21 314 20 04; Courriel: jgardaz{at}chuv.hospvd.ch
| Abstract |
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Methods: With Institutional approval, the total hospital costs of elective LC for 62 ASA IIII patients were analyzed. All direct and indirect variable costs, including salaries of anesthesia and surgery teams, were obtained for each patient. Data are expressed as mean ± SEM.
Results: Intraoperative anesthesia costs as a percentage of the total hospital costs equaled 10.5 ± 0.3%. Postanesthesia care unit (PACU) cost was 3.1 ± 0.2%. The largest hospital cost category was the operating room with 37.4 ± 0.6%. The costs attributed to the ward equaled 31.3 ± 3%. Other costs were generated by radiology (6.2 ± 1.1%), laboratory (5.4 ± 0.7%), admission unit (3.4 ± 0.2%), pharmacy (2.0 ± 0.4%) and administration (0.7 ± 0.1%).
Conclusion: Even if salaries are included, anesthesia and PACU costs (13.6%) represent a small portion only of total hospital costs. Cost savings thus may result from improving operating room efficiency and shortening of hospitalisation rather than programs aiming at lowering anesthesia costs.
| Introduction |
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Avant de préconiser une diminution du coût d'anesthésie dans le cadre de la réduction des coûts totaux d'hospitalisation, il est impératif de mieux cerner la contribution relative des prestations d'anesthésie. A ce jour une seule étude a analysé rétrospectivement les coûts hospitaliers totaux de quatre types d'interventions chirurgicales programmées courantes dont la cholécystectomie laparoscopique (CL). Sans prendre en compte les salaires des équipes chirurgicales et anesthésiques, le coût moyen de l'anesthésie pour ces quatre opérations ne représente que 5,6 % des coûts totaux et celui de la salle de réveil 3,7 %.1
Nous avons été réticents à appliquer ces données à notre institution, en raison de pratiques médico- économiques hospitalières différentes.4 Ceci nous a incité à établir le pourcentage du coût de l'anesthésie et celui de la salle de réveil par rapport aux coûts hospitaliers totaux de la CL élective en tenant compte également des salaires des équipes médicales impliquées.
| Méthodes |
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La technique d'anesthésie générale était laissée au libre choix du médecin anesthésiste : il sagissait soit d'une anesthésie intraveineuse totale, soit d'une anesthésie "balancée" avec agents volatils et opiacés.
Après une consultation de préhospitalisation effectuée à distance de l'intervention, les patients ont été hospitalisés la veille de la CL.5 Toutes les sources de coûts ont été établies par des fiches spécifiques de recueil des données pour les neuf postes suivants : préhospitalisation, salle d'opération, unités de soins pré- et postopératoires, anesthésie, salle de réveil, laboratoire, pharmacie, radiologie, et administration. Les résultats ont été exprimés en moyenne ± SEM.
La démarche générale a consisté à chronométrer systématiquement le temps utilisé par tous les intervenants pour accomplir leur tâche auprès des patients de l'étude. Les données de salaire moyen avec les charges sociales pour les diverses catégories professionnelles ont été fournies par l'administration de l'institution. Ceci a permis de calculer avec précision le coût des prestations d'intervenants dont on connaît la durée de travail annuel. Devant l'impossibilité de chronométrer chaque tâche accomplie par le personnel infirmier des unités d'hospitalisation, nous avons recouru au système de points "projet de recherche en nursing" (PRN) en vigueur dans l'institution.6 Par cette méthode, on évalue quotidiennement la charge en soins requis par chaque patient et par l'ensemble des patients d'une unité. Ces données et la dotation en personnel pour chaque horaire de travail sont enregistrées dans un fichier PRN. Il permet de calculer la part relative du temps de travail infirmier requis par chacun des patients étudiés, et ainsi, le coût des prestations de soins pré-et postopératoires.
Un relevé de tous les médicaments utilisés lors de l'anesthésie, en salle de réveil, puis dans l'unité d'hospitalisation, y compris savons et désinfectants, ainsi que celui du matériel à usage unique a été établi pour chaque patient. Cette démarche a été appliquée pour le matériel d'instrumentation, pour la détermination du coût des vêtements, gants, masques, bonnets, sabots, ainsi que pour le nettoyage des salles d'opération, des unités d'hospitalisation et des locaux annexes. Les autres sources de coûts recensés au cours de l'hospitalisation pré- et postopératoire ont inclus perfusions, matériel à usage unique, examens para-cliniques ainsi que d'éventuelles prestations de services de soutien. Le coût des examens de chimie clinique et d'hématologie a été déterminé par les laboratoires concernés ; celui des prestations de radiologie, essentiellement de l'ultrason de la partie supérieure de l'abdomen et de la cholangiographie peropératoire a été calculé à partir d'un logiciel spécifique.a Le coût de l'échocardiogramme, des investigations pneumologiques et cardiologiques occasionnelles prescrites lors de la préhospitalisation a également été répertorié. Finalement, les coûts réels liés aux repas, au linge et au matériel de pansement ont été enregistrés.
Le coût des différents équipements utilisés pour l'anesthésie et en salle d'opération a été calculé à partir du prix d'achat de chaque appareil, en tenant compte également de sa durée moyenne d'utilisation annuelle, de sa durée totale de fonctionnement et du coût de maintenance. Nous navons pas pu inclure les coûts de loyer et de fonctionnement des différents locaux utilisés, ceux-ci nétant pas disponibles. Toutes les données ont été rassemblées dans une base Microsoft® Excel (version 2000).
| Résultats |
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Un seul patient du collectif a effectué un séjour hospitalier prolongé (22 jours) en raison de complications postopératoires. Pour ce patient, le coût d'hospitalisation représente 56,2 % du coût total, celui de l'anesthésie 4,9 % et celui de la salle de réveil 0,9 % avec un coût relatif de salle d'opération réduit à 13,8 %. L'analyse du collectif sans le cas précédent révèle une progression du coût de l'anesthésie de 10,5 à 10,8 % et de celui de la salle de réveil de 3,1 à 3,2 % (Tableau I
).
| Discussion |
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En comparant nos résultats avec ceux du groupe de Macario, nous constatons que notre coût relatif d'anesthésie (10,5 % vs 7,2 %) et de salle de réveil (3,1 % vs 5,3 %) est plus élevé globalement d'environ 9 %.8 Cette faible différence sexplique par la prise en compte du salaire des médecins, des infirmières et des aides d'anesthésie. En effet, si l'on écarte cette donnée, le coût relatif d'anesthésie et de salle de réveil sabaisse à 12 %.
Alors que le coût relatif de la salle d'opération est similaire dans les deux institutions (37,4 % à Lausanne et 37,2 % à Stanford), le coût relatif d'hospitalisation est plus élevé dans notre étude (31,3 % vs 24,5 %).8 Ceci est dû à une durée de séjour plus longue : 4.3 jours en moyenne vs 1,3.9 En effet, si on ne répertorie que les séjours hospitaliers de moins de 4 jours (n = 42 patients), le coût relatif de l'hospitalisation passe de 31,3 % à 26,7 %, ce qui fait progresser le coût relatif d'anesthésie de 10,5 % à 11,7 % et celui de la salle de réveil de 3,1 % à 3,4 % (Tableau II
).
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Les coûts des médicaments (16,7 %), cible aisément identifiable par les économistes, et du matériel (7,4 %), ne représentent que le 24,1 % des prestations d'anesthésie. Cette unique portion des coûts sous l'influence des décisions médicales ne peut conduire quà des économies marginales puisquelle ne correspond quà 2,6 % des coûts hospitaliers totaux. Néanmoins, de nombreuses suggestions pour réduire encore cette part des coûts ont été faites : emploi d'agents anesthésiques "classiques", réduction du gaspillage des médicaments et introduction de règles d'utilisation, systèmes d'enregistrement et de gestion des données anesthésiques, analyses pharmacoéconomiques, éducation des prestataires de soins en matière de coûts.1116 L'efficacité de ces mesures à long terme était sujette à controverse.1117
La réduction des charges salariales des prestataires d'anesthésie a également été envisagée comme source d'économies.1820 Ainsi, on propose périodiquement le remplacement des médecins anesthésistes par du personnel infirmier spécialisé travaillant sans supervision médicale. Cette pratique na pas été adoptée récemment aux USA grâce à l'avis défavorable de l'ASA (www.anesthesiasafety.net). Par ailleurs, vu la pénurie des infirmières anesthésistes, ces propositions sont peu réalistes.
Pour réduire le coût d'une intervention chirurgicale réglée, il serait plus pertinent d'explorer les possibilités d'économies au niveau du bloc opératoire ou de l'hospitalisation.1,3,10 Dans notre étude, la répartition des coûts du bloc opératoire révèle une nette prédominance du matériel chirurgical (58,7 %) par rapport aux salaires (37,2 % ). Le prix d'acquisition du matériel à usage unique, le coût de stérilisation, de réparation ou de remplacement des instruments, et un gaspillage difficilement évitable en sont les principales causes. Toutefois, l'emploi préférentiel de matériel restérilisable pourrait être envisagé.21 Ainsi, la réduction du coût d'utilisation du bloc opératoire savère problématique en pratique, vu la complexité de la gestion de ce plateau technique. D'autres pistes sont proposées actuellement. Une automatisation totale de la gestion du bloc opératoire, y compris du programme des interventions et de leur durée, pourrait réduire le temps d'occupation des salles d'opération, coordonner l'utilisation de l'équipement spécialisé et éviter des annulations tardives.10,22,23 L'application de nouvelles technologies de l'information pour optimiser l'emploi des salles d'opération savère peu efficace.24 Finalement, la réduction du coût de séjour en salle de réveil ne permettrait que des économies marginales.25,26
Une deuxième source d'économies concerne la diminution des frais d'hospitalisation. Une réduction de la durée de séjour hospitalier - particulièrement longue dans notre étude pourrait entraîner des économies substantielles : en effet, une extrapolation des coûts relatifs pour des durées de séjour simulées de trois, deux ou un jour, révèle un coût relatif d'hospitalisation de 25,4 %, 19,2 % et 10,8 % respectivement. Ainsi, pour un séjour hospitalier de deux jours, la part du coût d'anesthésie (13 %) et de salle de réveil (3,8 %) reste peu élevée (Tableau III
). C'est cette stratégie que nous avons mise en place dans notre institution, avec en parallèle, le développement de la CL ambulatoire ou en hospitalisation d'un jour.2729
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| Remerciements |
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| Footnotes |
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Revision received January 18, 2002. Accepted for publication December 10, 2001.
| Références |
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This article has been cited by other articles:
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D. Bevan The hidden cost of anesthesia/Le cout cache de l'anesthesie Can J Anesth, June 1, 2002; 49(6): 533 - 535. [Full Text] [PDF] |
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