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Canadian Journal of Anesthesia 51:610-615 (2004)
© Canadian Anesthesiologists' Society, 2004

Cardiothoracic Anesthesia, Respiration and Airway

Après circulation extra-corporelle, la mesure continue de la Svo2 et la co-oxymétrie du sang mêlé ne sont pas interchangeables

[Continuous Svo2 measurements and co-oximetry are not interchangeable immediately after cardiopulmonary bypass]

Karim Bendjelid, MD MS, Nicolas Schutz, MD, Peter M. Suter, MD FRCA and Jacques-A. Romand, MD FCMM

De la Division des Soins Intensifs de Chirurgie, Hôpitaux Universitaires de Genève, Genève, Suisse.

Adresser la correspondance à: Dr Karim Bendjelid, Chef de Clinique Scientifique, Division des Soins Intensifs Chirurgicaux, Hôpitaux Universitaires de Genève, CH-1211 Genève 14, Suisse. Téléphone: +41/22 382 74 52; Télécopieur: +41/22 382 74 55; Courriel: Karim.Bendjelid{at}hcuge.ch


    Abstract
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
Objective: To determine the accuracy of continuous (in vivo) measurement of mixed venous oxygen saturation (SvO2), using a fibreoptic catheter, in patients having had cardiopulmonary bypass (CPB).

Methods: Using a pulmonary arterial catheter, we prospectively studied 14 patients (age 64 ± 8) having had cardiopulmonary bypass. Mean hematocrit was 30 ± 4%. The catheter was calibrated in vitro and in vivo, according to the manufacturer’s instructions. Fifty-six simultaneous measurements of continuous SvO2 (CSvO2) and measured SvO2 (MSvO2) were taken with a co-oxymeter and the paired values were analyzed by the linear regression method. To make the two sets of measurements interchangeable, we established, a priori, a maximum limit of 3% (approximately 5% of the measurement), as being an acceptable difference between the two types of measurements.

Results: All the measurements were obtained within four hours of the placement of the catheter. CSvO2 was weakly correlated with MSvO2, with a correlation coefficient of r2 = 0.49 (P < 0.001). The Bland-Altman analysis demonstrates an objective mean bias of 0.8 ± 3%, with 36% of the values measured falling outside clinically acceptable limits. For values of CSvO2 ≤ 65%, the measurements were not correlated (P = NS). The bias was –2 ± 7%, and 56% of the values measured fell outside clinically acceptable limits.

Conclusions: Our results demonstrate that, in the immediate aftermath of cardiopulmonary bypass, the continuous measurement of SvO2 and the co-oxymetry determination of mixed blood is not inter-changeable. Other studies will be necessary to confirm these results and enable us to understand the pathophysiological phenomena accounting for the lack of agreement between the two methods.


    Introduction
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
LA saturation en oxygène de l’hémoglobine du sang veineux mêlé (Svo2) reflète la balance corporelle totale entre l’oxygène délivré et l’oxygène consommé par les tissus périphériques.1 Plus précisément elle reflète le recours à un mécanisme de compensation qui est la modulation de l’extraction tissulaire en oxygène (perturbée en cas de choc distributif) afin de maintenir une balance [consommation d’oxygène/oxygène délivré] adéquate. Cette variable trouve donc toute son utilité pour la surveillance des patients pouvant présenter des défaillances circulatoires pendant la phase péri et postopératoire.2,3 Bien que ces 20 dernières années, l’utilisation de cathéter artériel pulmonaire (CAP) à fibres optiques4 ait permis une mesure fiable et continue de la Svo2 par spectrophotométrie au lit du malade,5 la précision de ce type de mesure a été peu étudiée dans les suites opératoires d’une circulation extra-corporelle (CEC). En effet, la plupart des études publiées ont évalué ce type de cathéter chez des patients pendant la chirurgie6,7 mais pas dans les pre-mières heures suivant la CEC.

Pourtant, les effets de la CEC suivis par la période de réchauffement postopératoire et les conditions d’hemodilution pourraient être une limite pour cette méthode à refléter fidèlement la Svo2 du sang mêlé en continu. Le présent travail a cherché à évaluer la concordance liant les valeurs de Svo2 du sang mêlé mesurées au moyen d’un cathéter à fibres optiques à ceux des échantillons prélevés puis mesurés par un appareil de référence (hémoxymètre) chez des patients en postopératoire de chirurgie cardiaque.


    Méthodes
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
L’étude a été approuvée par le Commission d’Éthique institutionnelle et tous les patients ont donné leur consentement par écrit la veille de l’intervention. Seuls les patients opérés d’un pontage aortocoronaire ont été sélectionnés. Les critères d’exclusion des patients pour l’étude étaient les suivants : l’absence de CAP en postopératoire, l’instabilité hémodynamique (définie plus bas) ou encore un saignement supérieur à 100 mL·h–1.

Procédure périopératoire
Le traitement anti-angineux a été interrompu le soir précédant l’intervention mais le métoprolol, par voie orale, a été maintenu en cas de médication de longue durée par bêta-bloquants. Une prémédication par diazépam et morphine était administrée une heure avant l’intervention. Pour l’intervention, un cathéter artériel radial de 20 g ainsi qu’un CAP à fibres optiques permettant une surveillance continue de la Svo2 (Vigilance Monitor, Baxter Edwards, Irvine, CA, USA) ont été mis en place. Par ailleurs, les patients ont été équipés d’une sonde endotrachéale, une sonde naso-gastrique et un cathéter urinaire de Foley. L’anesthésie était assurée par midazolam, fentanyl et bromure de pancuronium. Une CEC hypothermique (28°C) ainsi qu’une cardioplégie froide ont été appliquées. Le débit de CEC a été de 2 L·min–1·m–2 et la pression artérielle moyenne a été maintenue à 60 mmHg par l’emploi de médicaments vasoactifs. Pendant la CEC, les poumons n’ont pas été ventilés mais une pression positive de fin d’expiration (2–5 cm H2O) a été appliquée. En cas de nécessité, le sevrage de la CEC était réalisé moyennant un support médicamenteux inotrope positif ou vasoactif. Après l’intervention, les patients ont été transférés à l’unité des soins intensifs chirurgicaux. Dès l’arrivée, la sédation et l’analgésie ont été administrées par injection continue de midazolam et de morphine, (score de 6 sur l’échelle de Ramsay)8 en attendant le réchauffement. Les patients étaient ventilés mécaniquement (Evita 4, Dräger, Lübeck, Germany). Les paramètres ventilatoires étaient les suivants : mode volume contrôlé, volume courant (8–10 mL·kg–1 du poids corporel) et fréquence respiratoire (12 respirations·min–1). Les deux paramètres précités ont été adaptés de manière à maintenir un PaCO2 à 5,3 ± 0,5 KPa (40 ± 5 mmHg). La fraction d’oxygène inspiré (FIO2) était ajustée pour une saturation artérielle (Sao2) > 92 %. Le rapport inspiration/expiration (I/E) était de 1:2. La température corporelle et le débit urinaire ont été surveillés pendant la période postopératoire. Pour éviter la déperdition de chaleur, des couvertures chauffantes ont été utilisées. Les patients ont été observés pendant un minimum de deux heures de manière à s’assurer de leur stabilité hémodynamique, définie par des variations des valeurs hémodynamiques inférieures à 10 % (fréquence cardiaque, débit cardiaque, Svo2 et pression artérielle moyenne) avec une température > 36,5°C. Avant la mise en place, chaque CAP a été calibré in vitro en suivant les recommandations du constructeur. Une radiographie pulmonaire a été effectuée afin de déterminer la position correcte du tube endotrachéal, du CAP, de la voie centrale, et des drains chirurgicaux. Par ailleurs, elle permettait de vérifier l’absence d’épanchements pleuraux ou de pneumothorax. Le bon positionnement du CAP au niveau de l’artère pulmonaire (Zone III de West) a été vérifié moyennant les critères de Teboul et coll.9 Pendant toute la période, les soins prodigués aux patients et les aspirations du tube endotrachéal ont été tolérées, si nécessaires, mais ont été suspendues pendant la période d’étude du protocole.

Le protocole d’étude
Après s’être assuré de la bonne position du CAP,9 sa calibration in vivo est effectuée en suivant les recommandations du constructeur. Pour chaque mesure comparative, des échantillons sanguins ont été prélevés simultanément au niveau de l’artère pulmonaire. Chaque prélèvement était fait minutieusement, après une purge de 4 mL et une vitesse d’aspiration très lente afin d’éviter une artérialisation du sang. Tous les échantillons sanguins, ont été prélevés en anaérobiose et analysés immédiatement par un hémoxymètre (Statprofile Ultra, Nova biomedical, Waltham, USA). D’après les données du constructeur, la précision de l’hémoxymètre mesurée en interessai sur 20 analyses consécutives est de 1,0 %. La même précision mesurée à raison d’un dosage par jour sur 20 jours est de 1,5 %. Ces mesures ont été validées sur des échantillons de valeurs allant de 30 à 100 %. Cinquante-six mesures simultanées de Svo2 continue (CSvo2) et de Svo2 mesurée (MSvo2) ont donc été effectuées.

Analyse statistique
Les résultats sont exprimés en moyennes ± écart type (ET). Les valeurs de CSvo2 et de MSvo2 ont été corrélées par une régression linéaire. L’analyse de Bland-Altman10 a été utilisée afin d’estimer le biais moyen entre les deux méthodes. Pour que les deux mesures soient interchangeables, nous avons déterminé, a priori, une limite maximale de 3 % (environ 5 % de la mesure) comme différence acceptable entre les deux méthodes,11 permettant de ne pas modifier la prise en charge clinique du patient. L’analyse statistique a été effectuée grâce au logiciel Graph Pad Prism (Graph pad software V3, San Diego, CA, USA). La valeur P < 0,05 a été considérée comme statistiquement significative.


    Résultats
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
Quatorze patients (âge, 64 ± 8) ont été inclus dans l’étude. La surface corporelle moyenne était de 1,9 ± 0,17 m2. La fraction d’éjection préopératoire moyenne était de 63 ± 9 %. En moyenne 2,4 ± 0,9 ponts coronaires ont été réalisés. Les temps moyens de CEC et de clam-page aortique étaient de 104 ± 40 et 70 ± 32 min respectivement. L’infusion de catécholamines a été nécessaire chez quatre patients pour le sevrage de la CEC (dobutamine, n = 1 et épinephrine, n = 3). Lors des mesures de Svo2, la température moyenne était de 37 ± 0,7°C, le taux d’hémoglobine moyen de 9,9 ± 1,3 g·dL–1, d’hématocrite moyen de 29,8 ± 3,6 % et l’index cardiaque de 2,8 ± 0,13. Cinquante-six mesures simultanées de CSvo2 et de MSvo2 ont été effectuées (quatre mesures par patient). Toutes les mesures ont été faites dans les quatre heures suivant la mise en place du cathéter et les six heures ayant suivi la fin de la CEC (extrêmes huit heures et quatre heures). L’intervalle entre deux mesures successives était de 30 min.

Les valeurs moyennes de CSvo2 et de MSvo2 étaient de 70 ± 6 (extrêmes, 57–77 %) et 69 ± 5 % (extrêmes, 55,9–75 %) respectivement. Les résultats de la régression linéaire objectivent que CSvo2 est faiblement corrélée à MSvo2 avec un coefficient de corrélation r2 = 0,49 (P < 0,001) (Figure 1AGo). L’analyse de Bland-Altman objective un biais moyen de 0,8 % avec un intervalle de confiance de –5,2 % à +6,8 % (Figure 1BGo). Néanmoins, comme indiqué sur cette dernière figure, 36 % des mesures (20/56) sont en dehors de la zone souhaitable (zone ou les différences mesurés entre les deux méthodes sont cliniquement acceptables). De plus, il n’existe aucune corrélation significative entre CSvo2 et MSvo2, lorsque l’analyse porte sur 14 valeurs de Svo2 ≤ 65 % (Figure 2AGo) avec, lors de l’analyse de Bland-Altman, un biais moyen de –2 % et un intervalle de confiance de –16 % à +12 % (Figure 2BGo). De façon similaire, sur cette même figure 57 % des mesures (8/14) sont en dehors de la zone souhaitable. Donc, dans les conditions de cette études les valeurs mesurées de CSvo2 et MSvo2 ne son pas interchangeables.



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FIGURE 1A Régression linéaire entre la Svo2 mesurée in vivo (CSvo2) par cathéter et la Svo2 mesurée in vitro simultanément par un hémoxymètre à partir d’un échantillon sanguin prélevé dans l’artère pulmonaire. Les lignes en pointillé représentent l’intervalle de confiance (95 %).

 


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FIGURE 1B Analyse de Bland-Altman comparant la relation liant Svo2 mesurée in vivo (CSvo2) par cathéter et la Svo2 mesurée in vitro simultanément par un hémoxymètre à partir d’un échantillon sanguin prélevé dans l’artère pulmonaire. La ligne en trait plein indique la différence moyenne entre les deux mesures (biais). Les lignes interrompues représentent 2 déviations standards (SD). Les cercles correspondent au nombre de mesures = 56. La zone hachurée correspond à la différence jugée acceptable cliniquement permettant de supporter la conclusion que les deux métho des sont interchangeables. Notez que 20/56 mesures (36 %) sont en dehors de la zone acceptable (hachurée).

 


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FIGURE 2A Régression linéaire entre la Svo2 mesurée in vivo (CSvo2) par cathéter et la Svo2 mesurée in vitro simultanément par un hémoxymètre à partir d’un échantillon sanguin prélevé dans 65 %. Les lignes l’artère pulmonaire, pour des valeurs de CSvo2 ≤ en pointillé représentent l’intervalle de confiance (95 %).

 


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FIGURE 2B Analyse de Bland-Altman comparant la relation liant Svo2 mesurée in vivo (CSvo2) par cathéter et la Svo2 mesurée in vitro simultanément par un hémoxymètre à partir d’un échantillon sanguin prélevé dans l’artère pulmonaire, pour des valeurs de CSvo2 ≤ 65 %. La ligne en trait plein indique la différence moyenne entre les deux mesures (biais). Les lignes interrompues représentent 2 déviations standards (SD). Les cercles correspondent au nombre de mesures = 14. La zone hachurée correspond à la différence jugée acceptable cliniquement permettant de supporter la conclusion que les deux méthodes sont interchangeables. Notez que 8/14 mesures (57%) sont en dehors de la zone acceptable (hachurée).

 

    Discussion
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
Le premier objectif de cette étude était de tester la concordance entre la mesure continue de Svo2 par un PAC à fibres optiques et la mesure de Svo2 par un appareil de référence (co-oxymètre), chez des patients en phase postopératoire d’une chirurgie cardiaque avec CEC et après leur réchauffement. Les résultats de ce travail objectivent que CSvo2 est faiblement corrélée à MSvo2 avec une dispersion importante, un intervalle de confiance assez large (ET = 3 %) et 36 % des mesures (20/56) en dehors de la zone de différence cliniquement acceptable. De plus, quand on compare les deux méthodes pour les valeurs de Svo2 ≤ 65 %, les deux mesures ne sont ni corrélables (P = NS) ni interchangeables (ET = 7%, pour une limite maxi-male de 3%).

Après la CEC, la surveillance de la Svo2 en continu permet de suivre de manière immédiate l’efficacité de la réponse au remplissage vasculaire, de la mise en place d’un traitement inotrope positif et/ou de l’intérêt d’un entraînement électro-systolique ventriculaire ou séquentiel.12 Aussi, lors des premières heures postopératoires la surveillance continue de la Svo2 permet de diagnostiquer rapidement une hémorragie non extériorisée ou une tamponnade ou de monitorer minutieusement la période post-extubation.13 De plus, chez les patients insuffisants cardiaques en stade III et IV de la classe NYHA, on peut raisonnablement penser que ce monitorage soit vraiment utile.14 Par ailleurs, la présence d’une fuite tricuspidienne ou d’une arythmie par fibrillation auriculaire rendant les mesures de débit cardiaque par thermodilution très dispersées,15 la CSvo2 devient un indicateur indispensable de la situation hémodynamique de certains patients après une chirurgie avec CEC.

Néanmoins, à notre connaissance, aucun travail n’a examiné la corrélation entre la mesure CSvo2 moyennant un CAP à fibres optiques et MSvo2, chez des patients adultes, dans les suites opératoires d’une CEC. En effet, bien que Pond et coll., aient étudié la corrélation de CSvo2 et MSvo2 dans les suites d’une chirurgie cardiaque avec CEC, leurs résultats (r2 = 0,83 avec biais = –1,7 ± 3,51 %) associaient des mesures faites avant, pendant et après CEC7 (avec aucune données du sous-groupe post-CEC). De plus, dans cette dernière étude, aucune limite maximale comme différence acceptable entre les deux méthodes11 n’a été définie pour juger que les deux mesures étaient interchangeables.

La seule étude ayant étudié la corrélation entre MSvo2 et CSvo2 après CEC a été faite chez des enfants. En effet, Schranz et coll.,16 étudiant 16 enfants, trouvaient une corrélation entre MSvo2 et CSvo2 avec r2 = 0,72. Néanmoins, dans cette étude, la précision de la mesure continue de Svo2 n’a pas été mesurée, ni le biais calculé par la méthode de Bland-Altman.10 Paradoxalement, les résultats de la présente étude, objectivent un coefficient de corrélation plus faible (r2 = 0,49) et soulignent l’absence de toute concordance entre les mesures de CSvo2 et de MSvo2. De plus, en dessous de 65 % de Svo2 la discordance entre ces deux mesures est accentuée. Ces résultats sont importants car la Svo2 optimale recommandée chez les patients dans les premières heures postopératoires est autour de 65 %.14 L’absence d’interchangeabilité entre ces deux méthodes de mesures, nous pousse à trouver l’explication dans les effets de la CEC et de la période de réchauffement postopératoire. Par ailleurs, la tentation d’expliquer la faible corrélation obtenue dans notre étude par l’hemodilution est récusée par plusieurs travaux.6,13 En effet, van Woerkens et coll.,17 investigant l’effet de la variation de l’hématocrite sur la précision de la mesure de CSvo2 ont démontré la fiabilité de cette mesure dans les conditions d’hémodilution. Enfin, Waller et coll.6 ont évalué la corrélation de la mesure continue de Svo2 par cathéter à fibres optiques avec la mesure par co-oxymétrie chez 13 patients durant une CEC et ont trouvé un lien étroit entre les deux méthodes (r2 = 0,85, P < 0,0001), mais ceci dans le contexte d’un débit cardiaque plus bas et d’une hypothermie.

Les autres hypothèses pouvant expliquer nos résultats seraient une variabilité excessive de la mesure par CAP due à une modification du signal suite à la mobilité de la distalité du cathéter qui s’applique contre la paroi. Le positionnement du CAP au niveau de l’artère pulmonaire (Zone III de West) bien que vérifié moyennant des critères validés9 pourrait être à l’o-rigine de prélèvements sanguins inadéquats (sur oxygénés, Zone II de West) pour la mesure par co-oxymétrie. De façon similaire, un CAP en position bloquée (Wedge) peut être à l’origine d’un prélèvement sanguin artérialisé. Finalement, l’hypothèse d’une pauvre fiabilité ou précision de l’hémoxymètre, même si elle n’est pas exclue, semble peu probable au vue des données du constructeur (voir méthodes).


    Conclusion
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
Dans les conditions de notre étude, la mesure continue de Svo2 par un cathéter à fibres optiques dans les suites d’une CEC ne concorde pas avec la mesure obtenue par co-oxymétrie. Plus spécialement pour des valeurs de Svo2 ≤ 65 %, la discordance semble s’intensifier. Les deux mesures ne sont donc pas interchangeables et les valeurs absolues de Svo2 mesurées en continu par CAP, notamment quand ces dernières deviennent basses, ne peuvent être acceptées car pouvant faire modifier la prise en charge clinique et thérapeu-tique du patient de son sens optimal. Ces données suggèrent de réaliser d’autres études, sur de plus grands échantillons de patients, afin de confirmer ces résultats et de comprendre les phénomènes physiopathologiques à l’origine de l’absence de concordance entre les deux méthodes dans les suites immédiates d’une CEC.


    Footnotes
 
Accepted for publication December 9, 2003. Revision accepted March 26, 2004.


    References
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 Abstract
 Introduction
 Methodes
 Resultats
 Discussion
 Conclusion
 References
 
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D. A.E. Shephard
The changing pattern of anesthesia, 1954-2004: a review based on the content of the Canadian Journal of Anesthesia in its first half-century: [La transformation du modele de l'anesthesie, 1954-2004 : une revue fondee sur le contenu du premier demi-siecle du Journal canadien d'anesthesie]
Can J Anesth, March 1, 2005; 52(3): 238 - 248.
[Abstract] [Full Text] [PDF]


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