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Du Département danesthésiologie, Université de Sherbrooke, Sherbrooke, Québec, Canada.
Adresser la correspondance à: Dr Valérie Cardinal, Département danesthésiologie, CHUS, 3001 12e avenue nord, Sherbrooke, Québec J1H 5N4, Canada. Téléphone : 819-346-1110, poste 14403; Télécopieur : 819-820-6413; Courriel : lise.gilbert{at}usherbrooke.ca
| Abstract |
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Clinical data: Anesthesia was induced in the three patients, using a single breath technique consisting of a mixture of sevoflurane 8% with a nitrous oxide flow of 3 L·min1 and an oxygen flow of 3 L·min1. After the patients had lost consciousness, low dose sufentanil was administered (0.025 µg·kg1 for the first patient and 0.1 µg·kg1 for the other two patients). Heart rate fell to 38, 40 and 42 beats·min1 respectively two minutes after the sufentanil injection in these three patients, and progressed to asystole in the third. All the patients responded to atropine 0.6 mg iv.
Conclusion: The addition of sufentanil, even at very low doses, during anesthesia induction with sevoflurane using a single breath technique, may be dangerous because of possible bradycardia and even asystole.
| Introduction |
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| Éléments cliniques |
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Un circuit en cercle semi-fermé saturé de sévoflu-rane à 8 % avec des débits de 3 L·min1 dO2 et 3 L·min1 de N2O était utilisé. Après deux minutes de préoxygénation, les patientes expiraient à volume résiduel puis inspiraient à capacité vitale le contenu du circuit. Après cinq respirations, la concentration de sévoflurane était diminuée à 6 %. Une voie veineuse était installée après la perte de conscience (avantage de cette méthode dinduction). La médication a été injec-tée dès que la voie veineuse était fonctionnelle. Quatre minutes plus tard, on intubait la trachée par laryngo-scopie directe. La concentration de sévoflurane était alors diminuée à 2 %. La concentration expirée de sévoflurane na pas été enregistrée pendant létude. Trois des patientes recrutées ont présenté des brady-cardies dont lune, une asystolie.
| Cas #1 |
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| Cas #2 |
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| Cas #3 |
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| Discussion |
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Le sévoflurane lui même na pas été démontré comme affectant la FC par rapport à létat déveil, mais il peut causer de lhypotension à plus haute dose (1,5 à 2,0 MAC), surtout en absence de stimulation chirurgicale.1 Par contre, Green et coll. ont démontré que, lors dune induction par inhalation au sévoflu-rane chez des enfants, 20 % de ceux-ci développaient un rythme nodal, lequel était observé surtout sil y avait une bradycardie préexistante (< 80 batte-ments·min1).2 Townsend et Stokes, dans une lettre à léditeur,3 ont également rapporté quatre cas de bradycardie sévère chez des enfants de six mois à deux ans lors dinduction au sévoflurane 8 % et N2O 66 %. Il est donc possible que le sévoflurane à lui seul puisse causer une bradycardie.
Le sufentanil est reconnu pour sa propriété à assurer une stabilité hémodynamique même à des doses élevées (10 µg·kg1 4 et 30 µg·kg1).5 Néanmoins, des cas dhypotension ont été rapportés à des doses plus faibles.6 De plus, laugmentation du tonus vagal est un effet secondaire bien connu du sufentanil. Ainsi, une tendance à la bradycardie a été observée lors de lasso-ciation sufentanil à haute dose et vécuronium7 et des cas de bradycardie sévère et dasystolie ont été rap-portés.57 Le pancuronium semble protéger de la bradycardie associée au sufentanil par son effet sympa-tholytique,7,8 contrairement au glycopyrrolate donné en prémédication.6 Une étude fait également mention dune incidence de 58 % de bradycardie (diminution de plus de 20 % de la FC) lors de lassociation sévoflu-rane - sufentanil en chirurgie cardiaque,9 à des doses de 0,5 µg·kg1 en bolus suivie de 0,5 µg·kg1·min1 en perfusion. Cependant, 60 % des patients de cette étude prenaient des ß-bloqueurs et 67 % des blo-queurs calciques. Les épisodes de bradycardie sem-blent avoir été sans conséquence clinique.
Dautres cas de bradycardie ont été rapportés lors de lassociation de sévoflurane et dopioïdes. Ainsi, Wang et coll.10 ont fait mention dun cas dasystolie réanimé avec succès lors dune induction au sévoflu-rane supplémentée, après la perte de conscience, de rémifentanil 0,5 µg·kg1 en bolus suivi dune infusion de 0,025 µg·kg1·min1. Le patient avait une FC de base à 51 par minute secondairement à la prise daténolol et de diltiazem. De même, Kurdi et coll.11 ont rapporté un cas similaire chez un patient ne prenant aucune médication bradycardisante mais présentant une FC de 62 battements·min1 à linduc-tion. Lhypothèse de base expliquant ces deux cas dasystolie était un tonus vagal augmenté par le rémifentanil chez des patients ayant une réponse sym-pathique diminuée par le sévoflurane. Par contre, en considérant un facteur de puissance de 2 entre le sufentanil et le rémifentanil, la dose de rémifentanil utilisée en bolus (0,5 µg·kg1) était environ deux à trois fois plus élevée que la plus forte des doses de sufentanil que nous avons utilisées (0,1 µg·kg1).
Deux des trois patientes ayant présenté des brady-cardies prenaient un inhibiteur sélectif du recaptage de la sérotonine, le citalopram. Ce médicament abaisse, en moyenne, la FC denviron 5 battements·min1.12 Il est par contre peu probable que cette diminution ait pu contribuer aux épisodes de bradycardie sévère que nous avons observés.
Finalement, notre principale hypothèse expliquant les bradycardies sévères rencontrées repose sur laug-mentation du tonus vagal par un effet synergique entre le sévoflurane et le sufentanil, lequel ne serait pas ou moins présent avec le fentanyl. Comme la FC et la TA au départ étaient légèrement plus basses chez les patientes ayant présenté des bradycardies, il est possible quun tonus vagal de base plus élevé ait pu ajouter à cette potentialisation.6
| Conclusion |
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| Footnotes |
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Évalué le 11 novembre 2003. Accepté le 2 mars 2004. Révision acceptée le 26 avril 2004.
| References |
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2 Green DH, Townsend P, Bagshaw O, Stokes MA. Nodal rhythm and bradycardia during inhalation induction with sevoflurane in infants: a comparison of incremental and high-concentration techniques. Br J Anaesth 2000; 85: 36870.
3 Townsend P, Stokes MA. Bradycardia during rapid inhalation induction with sevoflurane in children (Letter). Br J Anaesth 1998; 80: 410.
4 Sebel PS, Bovil JG. Cardiovascular effects of sufentanil anesthesia. Anesth Analg 1982; 61: 1159.
5 Coda BA. Opioids. In: Barash PG, Cullen BF, Stoelting RK (Eds). Clinical Anesthesia, 4th ed. Philadelphia: Lippincott Williams & Wilkins; 2001: 360.
6 Spiess BD, Sathoff RH, El-Ganzouri AR, Ivankovich AD. High-dose sufentanil: four cases of sudden hypotension on induction. Anesth Analg 1986; 65: 7035.
7 Thomson IR, MacAdams CL, Hudson RJ, Rosenbloom M. Drug interactions with sufentanil. Hemodynamic effects of premedication and muscle relaxants. Anesthesiology 1992; 76: 9229.[Medline]
8 Starr NJ, Sethna DH, Estefanous FG. Bradycardia and asystole following the rapid administration of sufentanil with vecuronium. Anesthesiology 1986; 64: 5213.[Medline]
9 Gravel NR, Searle NR, Taillefer J, Carrier M, Roy M, Gagnon L. Comparison of the hemodynamic effects of sevoflurane anesthesia induction and maintenance vs TIVA in CABG surgery. Can J Anesth 1999; 46: 2406.
10 Wang J, Winship S, Russel G. Induction of anaesthesia with sevoflurane and low-dose remifentanil: asystole following laryngoscopy (Letter). Br J Anaesth 1998; 81: 9945.
11 Kurdi O, Deleuze A, Marret E, Bonnet F. Asystole during anaesthetic induction with remifentanil and sevoflu-rane (Letter). Br J Anaesth 2001; 87: 943.
12 Association des Pharmaciens du Canada. Compendium des Produits et Spécialités Pharmaceutiques. Louvrage de référence canadien sur les médicaments pour les professionnels de la santé. Ottawa, ON: Webcom Limitée; 2003: 371.
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