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Du Département dAnesthésie et de Réanimation, Centre Hospitalo-Universitaire de Toulouse, Toulouse, France.
Adresser la correspondance à: Dr Clément Chassery, Département dAnesthésie et de réanimation, Service de Chirurgie orthopédique et traumatologique, CHU Rangueil-Larrey, Av Prof. Jean Poulhes, Toulouse 31403 cedex 4, France. Téléphone: 05 61 32 27 12; Courriel: chassery.c{at}chu-toulouse.fr
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Method: First we dissected four femoral trigones, in order to select our puncture point. We were able to observe that, at the flexion crease of the thigh, the different fibers that make up the femoral nerve were clustered together and the saphenous nerve and the vastus medialis nerve had not yet separated from the femoral stem. Secondly, we conducted a prospective clinical study among 71 patients who had undergone surgery on the lower third of the leg with a sciatic block and a saphenous nerve block. The saphenous nerve block was performed using 10 mL of local anesthetic, by puncturing the flexion crease of the thigh in a bid to obtain one of two muscle responses: medial (contraction of the vastus medialis muscle) or anterior (contraction of the rectus femoris muscle and elevation of the patella).
Results: There was an overall success rate of 80% with the saphenous nerve block, with no statistical difference existing between the two response types. Average duration for the block to be completed was two minutes and it took an average of 15 min before the anesthesia took effect. No complications were encountered, apart from a puncture of the femoral artery, which was clinically inconsequential.
Conclusion: Neurostimulation of the vastus medialis muscle has the same effect as neurostimulation of the rectus femoris muscle with respect to anesthesia of the saphenous nerve. Neurostimulation of the medial compartment of the femoral nerve saves local anesthetic, compared to a standard femoral block.
| Introduction |
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De nombreuses techniques de bloc du nerf saphène ont été décrites sur de faibles cohortes de patients. En labsence de neurostimulateur il peut être bloqué par approche transsartoriale,5,6 par la recherche de paresthésie sur le nerf fémoral,3 par infiltration para-condylaire5 ou sous le genou,6,7 et autour de la veine saphène7,8 avec, respectivement, des taux de succès de 80 et 72 %, 77 %, 40 %, 65 et 33 % et 100 %. Pour les techniques avec neurostimulateur on peut soit rechercher une paresthésie par stimulation à 2 mA des fibres sensitives du nerf saphène derrière le condyle fémoral médial6 avec 95 % de succès soit provoquer une contraction musculaire dun nerf avec composante motrice satellite du nerf saphène : le nerf du muscle vaste médial9,10 ou le nerf fémoral11 avec, respectivement, 80 % et 84 % de succès.
Afin de choisir notre point de ponction, nous avons effectué des dissections anatomiques de plusieurs trigones fémoraux, dans le but daborder le nerf fémoral de manière suffisamment proximale pour garantir la proximité des fibres sensitives du nerf saphène et des fibres motrices destinées au muscles vaste médial et droit antérieur.12 Dans un deuxième temps, nous avons évalué cliniquement la neurostimulation du muscle vaste médial ou du muscle droit antérieur dans le but de bloquer les fibres sensitives du nerf saphène avec 10 mL dune solution danesthésiques locaux.
| Matériel et méthode |
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Pour la partie clinique, nous avons réalisé une étude prospective sur une période de un an dans le service de chirurgie traumatologique et orthopédique de notre centre hospitalo-universitaire. Soixante et onze patients âgés dau moins 18 ans, devant être opérés dune chirurgie du tiers inférieur de la jambe sous bloc nerveux périphérique, ont été consécutivement inclus après information et recueil de leur consentement.
Les patients présentant les contre-indications habituelles à lanesthésie loco-régionale (refus de lanesthésie loco-régionale, infection au point de ponction, anomalies de lhémostase, neuropathie évolutive), porteurs dune prothèse vasculaire fémorale ou présentant des adénopathies inguinales ont été exclus de létude. Etaient aussi exclus de létude les patients présentant un échec sur le bloc du nerf sciatique.
Après prémédication (midazolam 0,03 mgkg1 ou sufentanil 0,10 à 0,15 µgkg1) et préparation antiseptique de la région, le bloc du nerf saphène a été réalisé. Les patients étaient installés en décubitus dorsal, avec le membre inférieur à bloquer en légère abduction et rotation externe. Le point de ponction était situé sur le pli de flexion de la cuisse, 0,5 cm en dehors de lartère fémorale (Figure 1
). La ponction seffectue avec un angle de 90° par rapport à la peau. La technique a employé un neurostimulateur (BRAUN® Stimuplex® HNS 11), avec une durée de 0,1 msec, une fréquence de 1 Hz et une intensité minimale de stimulation inférieure ou égale à 0,5 mA, avec des aiguilles à neurostimulation (BRAUN® Stimuplex®, 50 mm et 22G). Après la réalisation de tests daspiration répétés, 10 mL dune solution de lidocaïne 1,5 % adrénalinée au 1/400 000 ont été injectés de manière lente et fractionnée. Un bloc du nerf sciatique par voie para sacrée, a été associé au bloc du nerf saphène, avec 20 mL de la même solution.13
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Les critères secondaires recueillis ont concerné les données anthropométriques des patients, lexpérience de lopérateur (junior ou senior), le nombre de ponctions nécessaires pour la réalisation du bloc saphène, la durée de réalisation en minutes, lintensité minimale pour laquelle la réponse musculaire disparaissait (rhéobase) en mA, la nature de la réponse motrice obtenue médiale (contraction isolée du muscle vaste médial de la cuisse) ou antérieure (contraction du muscle droit antérieur avec ascension de la rotule). Ont été relevés le bloc sensitif du nerf cutané latéral de cuisse, du nerf fémoral à la cuisse, la tolérance du garrot sous le genou et tous les incidents éventuels (ponction vasculaire, paresthésie, douleur lors de linjection de lanesthésique local). Le suivi à distance des patients a été effectué grâce à la consultation du chirurgien orthopédique à trois semaines de lintervention.
Sur le plan statistique, les variables catégorielles ont été estimées selon leur fréquence dobservation, les variables quantitatives ont été décrites avec la moyenne (lé-cart type, et les extrêmes). La comparaison des variables catégorielles a été faite avec le test exact de Fischer. La comparaison des moyennes a utilisé le test t de Student. La différence a été considérée comme significative pour des valeurs de P inférieures à 0,05.
| Résultats |
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Les réponses motrices obtenues lors de la neurostimulation ont été de type médial dans 55 % des cas (39 blocs) et de type antérieur dans 45 % des cas (32 blocs).
Le type de réponse musculaire na pas influencé le taux de succès avec 77 % pour la réponse de type médial, vs 84,4 % pour la réponse de type antérieur (P = 0,41). Il ny a pas eu de différences significatives entre la réponse médiale et antérieure sur la durée de réalisation du bloc (2,7 min vs 2,4 min, P = 0,53), le délai dinstallation du bloc (15,2 min vs 15,6 min, P = 0,9), et lintensité minimale de stimulation à linjection (0,4 vs 0,37 mA, P = 0,3).
Un seul bloc a nécessité une deuxième piqûre en raison dune ponction artérielle fémorale (sans conséquence clinique). La durée moyenne de réalisation du bloc a été de 2,58 min (1,98, 0,510) sans différence statistique selon lexpérience de lanesthésiologiste (P = 0,38).
Lintensité moyenne de stimulation a été de 0,39 mA (0,99, 0,20,6), le délai moyen dinstallation du bloc a été de 15,38 min (9,7, 560). Lintensité minimale de stimulation que le bloc ait été réussi (0,39 mA) ou ait échoué (0,36 mA), na pas été statistiquement différente (P = 0,26).
Dans 91 % des cas un bloc du nerf fémoral a été retrouvé et dans 50 % des cas, un bloc du nerf cutané latéral de cuisse a été retrouvé. Lanesthésie de ces deux territoires était indépendante du type de réponse musculaire obtenue (P = 0,5).
En comparant les deux types dopérateurs (junior ou senior) : la durée de réalisation (P = 0,18), le délai dinstallation du bloc (P = 0,63), lintensité minimale de stimulation (P = 0,45) et les blocs associés (P = 0,33) nont pas été différents sur le plan statistique. Par contre, même si les seniors nont pratiqué que 24 blocs (contre 47 pour les juniors), ils ont obtenu 95,8 % de succès (contre 72,3 % pour les juniors, P = 0,015) avec 75 % de réponses de type médial (contre 44,7 % pour les juniors, P = 0,01). De plus, pour les deux types de réponses les seniors ont obtenu un meilleur taux de succès : 100 % (vs 81 %) pour la réponse de type antérieur (P = 0,02) et 94 % (vs 62 %) pour la réponse de type médial (P = 0,02).
Un patient na pas toléré le garrot sous le genou car le bloc du nerf saphène avait échoué.
Aucun signe clinique de toxicité liée à lusage des anesthésiques locaux na été constaté. De la même manière aucune paresthésie lors de la réalisation du bloc du nerf saphène ni aucune douleur à linjection de lanesthésique local nont été notées. Le suivi des patients à distance na montré aucune complication clinique neurologique locale à type de paresthésie, dysesthésie ou faiblesse musculaire.
| Discussion |
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Le taux déchec global de 20 % sur le nerf saphène avec 10 mL danesthésique local est équivalent au taux déchec de 16 % retrouvé par Pandin et coll.11 lors de la réalisation dun bloc fémoral classique avec 30 mL danesthésique local. Toutefois , la neurostimulation du compartiment médial du nerf fémoral permet une économie danesthésique local. Dautres travaux ont déjà mis en évidence quune neurostimulation sélective des différents chefs musculaires du muscle quadriceps était possible par de légers mouvements daiguille,17 quelle permettait de raccourcir le délai dinstallation du bloc fémoral,18 dutiliser un volume plus faible danesthésique local, et améliorait la qualité du bloc sans augmenter par ailleurs la durée de réalisation de lanesthésie ou lin-confort du patient.19 Dans notre étude, la réponse de type médial nest pas supérieure à la réponse de type antérieur en terme de succès. Toutefois, notre méthodologie ne nous permet pas de conclure dans la mesure ou, pour démontrer une différence statistique de 10 % en terme de succès entre les deux types de neurostimulation, 154 patients dans chaque groupe auraient été nécessaires avec un risque
à 5 % et un risque ß à 80 %.
Lidée de réaliser un bloc spécifique du nerf saphène par diffusion après neurostimulation du contingent moteur médial de cuisse à été initiée par Mansour en 19939 avec un point de ponction au tiers moyen de la cuisse. Malheureusement ses résultats nont pas été précisés. Cest ensuite Bouaziz et coll. en 1996, qui ont décrit une ponction 6 cm sous le ligament inguinal, juste en dehors de lartère fémorale.10 Plus tard, une ponction plus proximale au niveau du pli de flexion de cuisse, toujours latérale à lartère fémorale, a été décrite.20 Nos séances de dissection anatomique nous ont montré quune ponction au niveau du pli de flexion de cuisse permettait daborder les différentes fibres du nerf fémoral alors quelles sont très rapprochées. Ces résultats confirment ceux de Vloka et coll21 sur 17 dissections de triangles fémoraux. Cela explique que le taux de succès soit indépendant du type de réponse motrice obtenue (médial vs antérieur) et que nous ayons obtenu 91 % de bloc du nerf fémoral à la cuisse par diffusion de la solution danesthésique local. Nos résultats sont discordants avec ceux de Bouaziz et coll.10 qui nont retrouvé aucun bloc du nerf fémoral. Mais leur effectif nétait que de quatre patients avec 10 mL danesthésique local et leur point de ponction situé 6 cm sous le ligament inguinal a probablement fait aborder chez certains patients le nerf saphène et le nerf du muscle vaste médial sous le pli de flexion de cuisse alors quils sé-taient déjà individualisés.
Lincidence de 50 % de blocs du nerf cutané latéral de cuisse est en accord avec les résultats de la littérature concernant la réalisation dun bloc dit « trois en un » avec au moins 20 mL danesthésique local.14,22,23 Cest la notion despace de diffusion, sous la gaine du muscle psoas (ou fascia iliaca), qui explique le blocage de nerfs distants les uns des autres à partir dun seul point de ponction.2427 Cauhépé et coll.28 ont bien montré que la distribution de la solution danesthésique local était indépendante pour un volume injecté de 20 à 60 mL. De plus Lonsdale29 a rapporté un cas de bloc du nerf fémoral lors de la réalisation dun bloc du nerf cutané latéral de cuisse avec seulement 10 mL danesthésique local. On peut donc supposer que 10 mL danesthésique local ont suffi à bloquer le nerf cutané latéral de cuisse dans la moitié des cas.
Le délai dinstallation du bloc du nerf saphène de 15,38 min (9,7, 560 min) est cohérent avec létude de Pandin et coll.11 qui retrouvent un délai dinstallation du bloc du nerf saphène similaire lors de la réalisation dun bloc fémoral avec neurostimulateur. Par contre, celui-ci est supérieur au délai retrouvé par Comfort et coll.6 (4 min en moyenne pour la méthode de perte de résistance et 2 min en moyenne pour la stimulation sensitive) ou par van der Wal et coll.5 (5 min pour la méthode transsartoriale et 8 min pour linfiltration sous cutanée). Cette grande variabilité en terme de délai daction provient de la différence de type danesthésique local utilisé et de la différence de taille des troncs nerveux à bloquer en fonction de labord envisagé.
Un de nos patients, opéré dune ablation de plaque au niveau du tibia et du péroné, na pas toléré le garrot sous le genou alors que le bloc du nerf saphène avait échoué. On peut penser que chez ce patient le dermatome correspondant au nerf saphène était particulièrement développé.1
Sur les 14 échecs, huit patients ont nécessité le recours à une anesthésie générale pour pratiquer la chirurgie. Cela souligne limportance du bloc saphène en association avec un bloc sciatique pour la chirurgie du tiers inférieur de la jambe.
Une ponction de lartère fémorale, sans conséquence clinique, a été répertoriée. Grâce à une procédure toujours respectée (tests daspiration multiples précédant toujours linjection), il ny a pas eu dinjection iv danesthésique local. Le risque de ponction vasculaire était de 1,4 % dans notre étude, alors que Marhofer et coll.30 ont estimé ce risque à 15 % lors de la réalisation dun bloc du nerf fémoral avec neurostimulateur. Enfin, la faible valeur de la rhéobase na pas été associée à la survenue de complications neurologiques cliniques immédiates ou retardées.
En conclusion, le taux de succès global de 80 % sur le nerf saphène confirme les résultats de Bouaziz et coll.10 sur un effectif huit fois plus important de patients avec linjection de 10 mL danesthésique local, même si un taux de succès de 95,8 % peut être obtenu par des anesthésiologistes expérimentés. Dans notre série la neurostimulation du muscle vaste médial est équivalente à la neurostimulation du muscle droit antérieur pour lanesthésie du nerf saphène mais notre taille échantillonnale ne nous permet pas de conclure. A efficacité comparable, la neurostimulation du compartiment médial du nerf fémoral permet une économie danesthésique local par rapport à un bloc fémoral classique.
| Footnotes |
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| Références |
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This article has been cited by other articles:
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A. Pianezza, M.-L. Gilbert, V. Minville, D. Filsinger, Q. Gobert, A. Guerot, R. Fuzier, and O. Fourcade A Modified Mid-Femoral Approach to the Sciatic Nerve Block: A Correlation Between Evoked Motor Response and Sensory Block Anesth. Analg., August 1, 2007; 105(2): 528 - 530. [Abstract] [Full Text] [PDF] |
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